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Complément

La whey : ce que disent l’Anses et l’AFLD sur ce complément

La whey est partout dans le vocabulaire des salles de sport. Les autorités sanitaires en parlent aussi, avec des réserves que les rayons ne mentionnent pas.

Rédigée par Aude Rouquette, rédactrice en chef · pièces consultées le

Dossier PRO·04
Verre d’eau et bol de fromage blanc nature posés sur une table en bois près d’une fenêtre
  • 2Allégations européennes autorisées pour les protéines (masse musculaire)Anses, rapport de novembre 2016lu le 06/10/2026
  • 49Signalements d’effets indésirables analysés par l’Anses (nutrivigilance, jusqu’au 16/02/2016)Anseslu le 06/10/2026
  • jusqu’à 4 ansSuspension possible, même sans intention de se doper (selon la substance et la faute)AFLDlu le 06/10/2026

Ce que c’est

Whey est le mot anglais pour lactosérum : la fraction liquide du lait qui reste après la coagulation de la caséine. Les compléments appelés « whey » sont des poudres de protéines issues de ce lactosérum. L’Anses cite deux protéines consommées par les sportifs, le lactosérum, dit « whey protein », et les caséines, qui forment les deux fractions protéiques principales du lait.

Ce pour quoi on en parle

  • Ajouter des protéines à l’alimentation, dans l’idée de soutenir la masse musculaire : c’est l’usage que les emballages mettent en avant.
  • Compléter des repas jugés trop pauvres en protéines : la question de savoir si c’est réellement le cas relève d’un avis de professionnel de santé.
  • Pratique répandue, voire culturelle dans certaines disciplines et dans les lieux où elles se pratiquent, selon les auditions menées par l’Anses.

Limites et risques

  • Une allégation autorisée ne dit rien des risques : l’Anses précise que des effets revendiqués sur la performance, même fondés, n’excluent pas le risque sanitaire.
  • Les produits adultérés existent : un complément peut contenir une substance ajoutée sans mention sur l’étiquette (Anses, AFLD).
  • Le risque de contrôle antidopage positif : l’AFLD rappelle que le sportif est responsable de ce qui est retrouvé dans son organisme.
  • Le rapport de 2016 relaie des cas d’hépatite ou d’ictère décrits dans la littérature chez des consommateurs de produits associant du lactosérum à d’autres ingrédients : la substance en cause n’a pas pu être identifiée.

Les personnes à prudence

  • Les enfants, les adolescents, les femmes enceintes ou allaitantes.
  • Les personnes ayant des facteurs de risque cardiovasculaire ou une cardiopathie.
  • Les personnes dont la fonction rénale ou hépatique est altérée, ou qui ont des troubles neuropsychiatriques.
  • Toute personne qui prend des médicaments ou plusieurs compléments : l’Anses invite à ne pas les associer sans l’avis d’un professionnel de santé.

Lire une étiquette

  • Relire la liste complète des ingrédients : une poudre « protéinée » peut contenir d’autres substances que le lactosérum.
  • Repérer une éventuelle mention de conformité à la norme NF EN 17444 sur l’emballage, que l’AFLD décrit comme une norme d’application volontaire : elle réduit le risque de substance interdite sans le supprimer.
  • Se méfier des promesses chiffrées et des « résultats garantis » : l’AFLD invite à se méfier de ce type de marketing.
  • Noter la référence et le numéro de lot, comme le conseille l’AFLD, si l’on pratique en compétition.

De quoi parle-t-on

Dans le rapport sur les compléments destinés aux sportifs (Anses, novembre 2016, lu le 06/10/2026), l’Anses décrit deux protéines consommées sous forme de poudre : celles du lactosérum, la « whey protein », et les caséines. Le lactosérum est la partie liquide du lait qui subsiste après la fabrication du fromage. La poudre qui en résulte est un aliment concentré en protéines, vendu comme complément alimentaire.

Ce que l’Anses retient

Parmi les nombreuses substances que consomment les sportifs, l’Anses souligne que seules les protéines et la créatine bénéficient d’allégations autorisées en Europe. Pour les protéines, ce sont deux formules : elles contribuent à augmenter la masse musculaire et à la maintenir. Une allégation autorisée repose sur un lien démontré dans des conditions précises. Elle n’assure ni l’effet pour chacun ni l’absence de risque, ce que l’Anses souligne.

Elle ajoute que les consommateurs prennent parfois des doses supérieures à celles du fabricant ou cumulent plusieurs produits, ce qui augmente le risque d’effets indésirables. La littérature qu’elle analyse relate des cas d’atteinte du foie chez des consommateurs de produits associant du lactosérum à de la créatine ou à d’autres ingrédients : la substance responsable n’a pas pu être identifiée, et rien n’autorise à l’attribuer à la whey seule.

Les précautions que les autorités demandent

L’Anses rappelle qu’un conseil personnalisé par un professionnel de santé est nécessaire et que la prise doit être signalée au médecin et au pharmacien. De son côté, l’Agence française de lutte contre le dopage (page consultée le 06/10/2026) précise que ces produits ne sont pas des médicaments, peuvent contenir des substances interdites, mentionnées ou non sur l’étiquette, et qu’aucun organisme antidopage ne certifie un complément.

L’Anses a aussi publié le 26/02/2022 une page grand public où elle écrit que toute consommation de complément doit être discutée au préalable avec un professionnel de santé (page lue le 06/10/2026).

Ce que ce dossier ne dit pas

Il ne dit ni quelle poudre choisir, ni quelle quantité prendre, ni à quel moment : aucune des sources lues ne le fait pour un lecteur anonyme. Pour savoir si l’alimentation couvre les besoins en protéines, le dossier sur les apports en protéines donne les repères publics, et celui sur les aliments riches en protéines la composition de plats courants.

Questions du lecteur

La whey est-elle un médicament ?

Non. L’AFLD rappelle que les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments et qu’on peut les acheter sans ordonnance. Ils comportent pourtant des risques pour la santé et, pour les sportifs contrôlés, des risques de dopage.

Les autorités disent-elles que la whey est utile ?

L’Anses mentionne une allégation européenne autorisée sur la masse musculaire pour les protéines en général. Elle rappelle aussi que ces compléments exposent à des risques et qu’un conseil personnalisé s’impose. Le verdict sur l’utilité pour une personne donnée appartient à un professionnel de santé.

Un sportif de compétition peut-il en prendre sans souci ?

L’AFLD répond que personne ne peut garantir l’absence de substance interdite dans un complément, et que le sportif est responsable de ce qu’il consomme. Un sportif contrôlé doit en parler à son médecin avant toute prise.

Quand consulter

  • Niveau 1

    Urgence

    • Malaise, palpitations importantes ou douleur dans la poitrine après la prise d’un complément.
    • Jaunisse, c’est-à-dire peau ou yeux jaunes, ou douleur abdominale intense inhabituelle.

    Le 15 ou le 112, en précisant les produits pris.

  • Niveau 2

    Consulter rapidement

    • Troubles digestifs persistants après une prise.
    • Anxiété, troubles de l’humeur ou du sommeil nouveaux depuis la prise d’un complément.

    Le médecin traitant ou le pharmacien, qui peuvent faire une déclaration de nutrivigilance.

  • Niveau 3

    En parler à son médecin

    • Envie de prendre un complément « pour progresser ».
    • Maladie rénale, hépatique, cardiaque ou diabète, ou traitement en cours.
    • Compétition soumise à des contrôles antidopage.

    Le médecin traitant, le médecin du sport ou un diététicien.

Le bon interlocuteur Le médecin traitant pour un premier avis, un médecin du sport pour une blessure ou une question de pratique, le 15 ou le 112 en cas d’urgence.

Pièces consultées

Pièces lues le 6 octobre 2026. Les liens ouvrent le site de l’organisme concerné.

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