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Complément

La créatine monohydrate : la position de l’Anses, point par point

La créatine est l’un des deux compléments pour sportifs qui disposent d’une allégation européenne. L’Anses en parle avec des précautions précises.

Rédigée par Aude Rouquette, rédactrice en chef · pièces consultées le

Dossier PRO·05
Poudre blanche versée dans un verre transparent sur un plan de travail clair, sans emballage ni texte
  • 24/12/2024Date de l’avis de l’Anses sur la liste des substances autoriséesAnseslu le 06/10/2026
  • 2Allégations autorisées pour la créatineAnses, avis de 2024lu le 06/10/2026
  • maladie rénale, diabète, néphrectomiePersonnes pour lesquelles l’Anses déconseille la créatineAnseslu le 06/10/2026

Ce que c’est

La créatine est un dérivé d’acides aminés que le rein, le foie et le pancréas fabriquent à partir de l’arginine, de la glycine et de la méthionine (Anses, 2016). La forme monohydrate est la plus citée dans les compléments. Elle figure parmi les substances à but nutritionnel ou physiologique dont l’emploi est autorisé dans les compléments alimentaires par l’arrêté du 26 septembre 2016.

Ce pour quoi on en parle

  • Complément de sportifs de force, de vitesse ou de disciplines d’efforts courts et répétés, d’après les pratiques décrites par l’Anses.
  • Allégation autorisée : la créatine améliore les capacités physiques en cas de séries successives d’exercices très intenses de courte durée.
  • Deuxième allégation, plus récente : la consommation quotidienne de créatine peut renforcer l’effet de la musculation sur la force musculaire chez les adultes de plus de 55 ans (avis de l’Anses de 2024).

Limites et risques

  • L’Anses écrit que l’état des connaissances ne permet pas d’affirmer un effet délétère sur le rein à long terme, mais que plusieurs cas d’aggravation de maladies rénales ont été décrits et attribués à la créatine.
  • Un cas de néphrite interstitielle a été décrit dans la littérature avec des apports de créatine très élevés, relève l’avis de 2024.
  • Le plafond fixé par l’arrêté vaut pour l’ensemble des sources : l’Anses demande d’informer le consommateur qu’il ne doit pas cumuler les sources de créatine (compléments et aliments enrichis).
  • Au-delà du plafond, l’Anses ne peut pas se prononcer : aucune évaluation des risques n’existe pour des doses supérieures.

Les personnes à prudence

  • Les personnes atteintes d’une maladie rénale : l’Anses déconseille la prise.
  • Les personnes diabétiques : même déconseil.
  • Les personnes qui ont subi une néphrectomie, c’est-à-dire l’ablation d’un rein : même déconseil.
  • Les enfants, les adolescents et les femmes enceintes ou allaitantes, pour lesquels l’Anses déconseille de façon générale les compléments pour sportifs visant la masse musculaire.

Lire une étiquette

  • Chercher la portion journalière recommandée et vérifier qu’elle est indiquée : elle ne doit pas dépasser le plafond réglementaire.
  • Repérer l’avertissement de ne pas dépasser la quantité maximale indiquée par le fabricant et de ne pas cumuler plusieurs sources.
  • Lire la liste des ingrédients : la créatine pure est une poudre simple, un mélange multi-ingrédients demande plus de prudence.
  • Se méfier des allégations qui dépassent les deux formules autorisées : les autres ne sont pas validées.

Une molécule que le corps fabrique déjà

Selon le rapport de l’Anses sur les compléments pour sportifs (novembre 2016, lu le 06/10/2026), la créatine est un dérivé endogène d’acides aminés : le rein, le foie et le pancréas la synthétisent à partir de l’arginine, de la glycine et de la méthionine. Le complément reproduit cette molécule, le plus souvent sous la forme monohydrate. Dire qu’elle est « naturelle » ne répond pas à la question du risque : l’Anses souligne qu’un effet revendiqué, même fondé, n’exclut pas le risque sanitaire.

Ce que le droit autorise, ce que l’Anses juge pertinent

Dans un avis du 24/12/2024 (lu le 06/10/2026), l’Anses examine la liste des substances autorisées dans les compléments. Elle rappelle que la créatine y figure depuis l’arrêté du 26 septembre 2016 avec une réserve : la portion journalière recommandée ne doit pas dépasser un plafond. Ce plafond correspond à la quantité jugée nécessaire pour l’effet allégué et à celle que l’Afssa, puis les instances européennes, avaient jugée compatible avec la sécurité du consommateur. L’agence ne peut pas se prononcer au-delà, faute d’évaluation.

Deux allégations sont jugées pertinentes : l’amélioration des capacités physiques lors de séries successives d’exercices très intenses de courte durée, et, chez les adultes de plus de 55 ans qui pratiquent la musculation, le renforcement de l’effet de cette pratique sur la force musculaire. Pour la seconde, l’avis précise les conditions de pratique que le consommateur doit connaître ; elles décrivent l’allégation et ne sont pas un programme.

Les réserves de l’Anses

L’agence écrit que les connaissances actuelles ne permettent pas d’affirmer un effet délétère de la créatine sur le rein à long terme, tout en relevant plusieurs cas d’aggravation de maladies rénales attribués à la créatine. Elle déconseille donc la prise aux personnes atteintes de pathologies rénales, de diabète ou ayant subi une néphrectomie. Le plafond s’applique à toutes les sources réunies : celui qui prend un complément et des aliments enrichis doit y penser.

Ce que le lecteur peut en faire

Ce dossier ne dit pas s’il faut en prendre. La question se pose avec le médecin traitant ou le médecin du sport, qui connaissent les reins, les traitements et les contrôles antidopage éventuels ; l’AFLD rappelle dans sa page (consultée le 06/10/2026) qu’aucun complément n’est certifié sans substance interdite. Pour situer la créatine parmi les autres produits, le dossier sur la whey et celui sur les BCAA décrivent ce que disent les mêmes autorités.

Questions du lecteur

La créatine est-elle autorisée en France ?

Oui, dans les compléments alimentaires, avec une réserve : l’arrêté du 26 septembre 2016 fixe un plafond pour la portion journalière recommandée. L’Anses a confirmé cette position dans son avis du 24/12/2024, lu le 06/10/2026.

Pour qui l’Anses déconseille-t-elle la créatine ?

Pour les patients atteints de pathologies rénales, de diabète ou ayant subi une néphrectomie. Ces personnes doivent en discuter avec leur médecin avant tout complément, et plus largement avant toute prise de créatine.

La créatine est-elle un produit dopant ?

Aucune des sources lues ne la classe parmi les substances interdites. L’AFLD rappelle toutefois qu’un complément peut contenir des substances interdites non indiquées ; un sportif contrôlé en parle à son médecin avant toute prise.

Quand consulter

  • Niveau 1

    Urgence

    • Malaise, palpitations ou douleur dans la poitrine après une prise.
    • Forte diminution des urines avec fatigue intense ou gonflement brutal du visage et des jambes.

    Le 15 ou le 112.

  • Niveau 2

    Consulter rapidement

    • Gêne digestive persistante ou douleur lombaire nouvelle depuis la prise.
    • Prise simultanée d’autres compléments ou de médicaments avec un doute sur leur association.

    Le médecin traitant ou le pharmacien.

  • Niveau 3

    En parler à son médecin

    • Maladie rénale connue, diabète ou antécédent de chirurgie du rein.
    • Envie d’en prendre pour la musculation ou un sport de force.

    Le médecin traitant ou le médecin du sport, éventuellement avec un diététicien.

Le bon interlocuteur Le médecin traitant pour un premier avis, un médecin du sport pour une blessure ou une question de pratique, le 15 ou le 112 en cas d’urgence.

Pièces consultées

Pièces lues le 6 octobre 2026. Les liens ouvrent le site de l’organisme concerné.

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