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Blessure

Le ménisque du genou : lésion, lecture de l’IRM et parcours de soin

Deux coussinets de cartilage dans le genou, un vocabulaire précis pour leurs lésions et une imagerie qui en trouve parfois sans lien avec la douleur. Ce dossier suit le parcours décrit par les autorités.

Rédigé par Quentin Hautefeuille · relu par Aude Rouquette, rédactrice en chef · pièces consultées le

Dossier GEN·04
Genou au repos sur un banc de bois, vu de côté, lumière douce de fin de journée, sans visage
  • 25 %Personnes de 50 à 59 ans chez qui l’IRM retrouve une lésion méniscaleAssurance Maladielu le 06/10/2026
  • 35 %Personnes de 60 à 69 ans chez qui l’IRM retrouve une lésion méniscaleAssurance Maladielu le 06/10/2026
  • 45 %Personnes de 70 à 79 ans chez qui l’IRM retrouve une lésion méniscaleAssurance Maladielu le 06/10/2026
  • 75 à 95 %Personnes atteintes d’arthrose chez qui l’IRM retrouve une lésion méniscaleAssurance Maladielu le 06/10/2026

Ce que c’est

Chaque genou compte deux ménisques, l’un médial (interne), l’autre latéral (externe) : des coussinets de cartilage fibreux en forme de croissant, placés entre le fémur et le tibia. Selon l’Assurance Maladie, ils répartissent les pressions du poids du corps, stabilisent l’articulation, l’amortissent et facilitent le glissement des os. Le ménisque médial, plus facilement comprimé, est plus souvent lésé que le latéral.

Les signes décrits en général

  • Une douleur du genou située d’un côté de l’articulation, qui gêne la vie quotidienne et survient surtout à l’effort.
  • Des épisodes répétés de gonflement du genou.
  • Une sensation de corps étranger, de craquement ou d’instabilité fugace.
  • Un accrochage, voire un blocage, c’est-à-dire l’impossibilité d’étendre complètement le genou : très caractéristique de la lésion dite en anse de seau, mais rare.
  • Chez la personne jeune, une douleur forte et subite lors d’un mouvement où le genou vrille.

Ce qui favorise

  • Un traumatisme en torsion pendant le sport, comme un genou qui vrille, ou un relèvement brutal d’une position accroupie.
  • Une entorse du genou avec atteinte d’un ligament, souvent associée à une lésion méniscale.
  • L’usure progressive liée aux microtraumatismes répétés au fil de la vie, appelée méniscose.
  • Une anomalie de l’axe des jambes, jambes arquées ou en X.
  • L’arthrose du genou, ou la pratique d’un sport à haut niveau.
  • Des tâches professionnelles exécutées à genoux ou accroupi.

Le parcours de soin

  1. 1Premier examen Le médecin traitant, ou un spécialiste (chirurgien orthopédiste, rhumatologue), interroge sur le début de la douleur puis examine le genou : marche, accroupissement, épanchement, point douloureux, ligaments.
  2. 2Radiographies Réalisées debout, « en charge », elles cherchent arthrose, fracture, calcification ou défaut d’alignement. Pour une douleur sans traumatisme, la HAS les place en première intention, sans IRM d’emblée.
  3. 3IRM Demandée selon les radiographies et la situation, par exemple après un traumatisme quand les radiographies sont normales, elle précise le type de lésion et l’état des ligaments.
  4. 4Décision Le choix entre prise en charge médicale et chirurgie dépend de la gêne, de l’étendue et de la stabilité de la lésion. Il est fait par le chirurgien, en accord avec le patient.

Un lexique à connaître : fissure, déchirure, anse de seau

L’Assurance Maladie énumère les lésions des ménisques : pincements, fissures, déchirures ou ruptures et désinsertions, quand les points d’accrochage lâchent (page lue le 06/10/2026, mise à jour le 28/08/2026). Une rupture peut former un lambeau qui se détache : le ménisque est alors qualifié d’instable, et son déplacement entraîne accrochages ou blocages.

La rupture en anse de seau sépare le ménisque en deux, d’avant en arrière. C’est la lésion la plus associée au vrai blocage du genou, mais l’Assurance Maladie la décrit comme rare.

Deux histoires : le genou qui vrille et l’usure

Chez le sportif jeune, la lésion est le plus souvent traumatique : un genou qui vrille, un relèvement brutal depuis l’accroupi, une entorse associée à une atteinte des ligaments. Avec l’âge, les ménisques subissent des microtraumatismes répétés, et leur usure porte un nom propre, la méniscose. Les deux situations ne se prennent pas en charge de la même façon.

L’Assurance Maladie rappelle aussi que lorsque d’autres lésions coexistent, entorse ou arthrose, il n’est pas toujours facile de distinguer les symptômes propres à la lésion méniscale. Le dossier sur le syndrome fémoro-patellaire montre le même embarras de vocabulaire pour l’avant du genou.

Une IRM qui trouve des lésions sans expliquer la douleur

La fréquence des lésions méniscales à l’IRM augmente avec l’âge, de 25 % entre 50 et 59 ans à 45 % entre 70 et 79 ans, et atteint 75 à 95 % des personnes atteintes d’arthrose (page lue le 06/10/2026). L’Assurance Maladie en tire une conséquence : ces lésions ne sont pas nécessairement en lien avec la douleur, leur présence ne change pas toujours le traitement proposé et elles ne sont qu’exceptionnellement opérées.

La HAS demande de son côté de ne pas répéter l’imagerie en cas de nouvel épisode chez une personne dont la pathologie est connue, et de confronter toujours l’image à l’examen clinique (fiche validée en juin 2022, lue le 06/10/2026). Le médecin rapproche l’image de l’examen avant de poser un diagnostic.

Qui décide d’opérer, et sur quels critères

Selon l’Assurance Maladie, la décision d’opérer dépend de la gêne ressentie, de l’étendue et de la localisation de la lésion, de son caractère stable ou instable et d’éventuelles autres atteintes du genou. La chirurgie peut être décidée dans un second temps si les symptômes s’aggravent, en privilégiant la conservation du ménisque (page lue le 06/10/2026). Ce dossier ne compare aucune technique et ne propose aucun exercice : ces choix relèvent du chirurgien et du médecin du sport. Voir aussi le syndrome fémoro-patellaire.

Questions du lecteur

Une IRM qui montre une lésion du ménisque explique-t-elle la douleur ?

Pas nécessairement. L’Assurance Maladie et la HAS rappellent que les lésions dégénératives sont fréquentes à l’IRM, y compris sans symptôme. C’est le médecin qui confronte l’image à l’examen du genou pour juger de leur lien.

Faut-il toujours opérer un ménisque abîmé ?

Non. Selon l’Assurance Maladie, la décision d’opérer n’est pas systématique, et la chirurgie d’une lésion non traumatique est rare : elle n’est nécessaire que si le ménisque est jugé instable. Le chirurgien décide avec le patient.

Quel lien entre ménisque et arthrose du genou ?

Un ménisque lésé amortit moins bien, et le cartilage peut alors s’user peu à peu : l’Assurance Maladie présente l’arthrose comme la complication redoutée à long terme. À l’inverse, l’atteinte des ménisques est souvent présente chez les personnes qui souffrent d’arthrose.

Quand consulter

  • Niveau 1

    Urgence

    • Un genou chaud, rouge et gonflé, avec fièvre ou frissons et une douleur permanente qui empêche de dormir : une infection de l’articulation est possible, et la HAS la place parmi les situations à prendre en charge en urgence.
    • Un genou déformé après un choc ou une chute, avec impossibilité d’appuyer sur la jambe.

    Le 15 ou le 112.

  • Niveau 2

    Consulter rapidement

    • Un genou qui se bloque et ne s’étend plus complètement : l’Assurance Maladie cite ce signe parmi ceux qui peuvent justifier une intervention en urgence.
    • Une douleur brutale après une torsion ou une chute, avec gonflement.
    • Un genou qui lâche, avec une impression de chute imminente.

    Le médecin traitant sans attendre, ou les urgences si le blocage persiste.

  • Niveau 3

    En parler à son médecin

    • Une douleur du genou qui dure ou revient à chaque effort.
    • Des épisodes répétés de gonflement, de craquements ou d’accrochages.
    • Une IRM qui évoque une lésion chez une personne sans traumatisme : en discuter avec le médecin.

    Le médecin traitant, un médecin du sport ou un rhumatologue.

Le bon interlocuteur Le médecin traitant pour un premier avis, un médecin du sport pour une blessure ou une question de pratique, le 15 ou le 112 en cas d’urgence.